Une idée intéressante à ne pas ranger au fond du placard


En 1925, Claude Gevel, du Petit Parisien, anticipant la pénurie de carburant qui affectera selon lui le monde de 1975, décrit l’automotive en laquelle il voit la solution non dénuée d’humour qu’aura alors trouvé un astucieux inventeur pour diminuer la consommation des véhicules de 80 %.

Dans le numéro du journal Science et Vie du 30 mai 1975, on peut lire à la rubrique Projets et Découvertes cette information sensationnelle dont le caractère pratique, d’intérêt hautement général, n’a sans doute pas échappé aux lecteurs :

"L’invention que vient de mettre au point l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées X (il nous prie de taire encore son nom par cette horreur de la réclame qui caractérise des savants de notre République communisto-libérale) va permettre de réaliser un immense pas en avant à la question si délicate des transports et communications. Elle est déjà du reste passée à la période de réalisation, grâce à une puissante société qui a obtenu tous pouvoirs et autorisations nécessaires pour l’exploiter. 

M. X. que son travail en semaine et son plaisir le dimanche obligent à circuler constamment sur nos routes, a constaté, comme chacun de nous a pu le remarquer, qu’elles étaient encombrées par une suite ininterrompue d’automobiles, se succédant à une distance variant entre vingt à cinquante centimètres. Chacune de ces voitures a naturellement son conducteur et fait sa dépense personnelle d’essence, huile, etc.

Ce moyen de circuler avait peut-être sa raison d’être il y a vingt, trente ou cinquante ans, lorsque les véhicules automobiles, en nombre notablement inférieur à celui d’aujourd’hui, se suivaient à quelque vingt mètres d’intervalle, comme cela ce passait, paraît-il, vers 1925. Mais de nos jours, outre la fréquence d’accidents causés par une énorme succession de voitures indépendantes et si rapprochées, il y a une grave question qui se pose, celle du carburant dont la quantité diminue dans le monde entier de façon inquiétante.

Le projet de M. X va permettre de remédier à ces deux inconvénients. Il a inventé en effet une voiture motrice de très forte puissance qui se placerait en tête du convoi des voitures particulières et à laquelle il suffirait de relier, par un système d’attaches mobiles, les voitures l’une après l’autre pour que la motrice, à laquelle M. X donne le nom d’automotive, se charge d’entraîner une vingtaine de véhicules. La dépense de carburant sera, d’après les chiffres de M. X, réduite de 80 %. Elle serait comme de juste répartie entre les occupants des voitures entraînées.

Il y aurait pour chaque route un nombre de voyages fixes, à des heures connues d’avance aux points de départ et d’arrivée. Certains voyages se feraient directement entre deux grandes localités. Des arrêts seraient prévus pour les autres. La société, qui ne recule devant aucune hardiesse, envisage aussi la possibilité de diminuer considérablement l’usure si coûteuse et des routes et des pneus.

A cet effet, elle est en pourparler avec l’Administration pour obtenir la concession des bas-côtés de chaque route importante, où elle établirait deux lignes ferrées sur lesquelles les voitures rouleraient dans des conditions de douceur et d’économie inégalables. Où s’arrêtera l’esprit d’invention et d’initiative des êtres humains ?".

 

Source

 

 

Automotive

 

La Dame Blanche


La Dame Blanche est connue dans la plupart des régions françaises. Elle serait déjà apparue le long de routes savoyardes, jurassiennes, près de Montpellier ou de Palavas… Et même aux Etats-Unis, en Allemagne ou en Russie. Loin d’être franco-française, cette légende est vraiment coriace. Cette femme au teint plus que pâle, au regard noir très fixe et vêtue de blanc apparaîtrait aux automobilistes la nuit. Curieuse auto-stoppeuse qui, une fois embarquée dans la voiture, hurlerait : "Attention au virage !". A la grande stupeur des conducteurs. Une manière de les mettre en garde contre un danger imminent ?

Pour les convaincus, il s’agirait du fantôme d’une femme décédée sur la route. Certains pensent au contraire que cette femme disposerait d’intentions peu louables et porterait malheur à qui la verrait, annonçant une mort prochaine. Ce mystérieux fantôme apparaitrait parfois accompagnée d’un enfant.

 

Dame Blanche

De nombreuses histoires légendaires sont liées à l’appellation la Dame Blanche qui ne représente pas uniquement l’auto-stoppeuse fantôme, la plus répandue de nos jours, mais qui regroupe aussi des mythes, de certaines entités surnaturelles ou de spectres hantant des châteaux. D’ailleurs la légende ne se limite pas seulement au territoire de l’Europe mais s’étend également aux Etats-Unis et presque partout ailleurs dans le monde.

La Dame Blanche apparaîtrait sous plusieurs formes :

- Les fées : personnages fictifs existant dans la plupart des pays, elles seraient mi-déesses mi-sorcières. Elles ne se manifestent que pendant la nuit et font rarement peur aux passants.

- Les lavandières : plus connues dans certaines régions européennes sous l’appellation de bean nighe, lamina, kannerez-noz, gollières à noz, etc. Elles se manifestent la nuit, au clair de lune, comme des lavandières qui chantent dans les fontaines écartées et qui demandent aux passants de les aider à essorer leur linge. On dit que si ces derniers les aident de mauvaise foi, les lavandières leur brisent les bras.

- Les messagères : selon un mythe irlandais, la Dame Blanche apparaîtrait souvent pour annoncer une mort prochaine ou un terrible événement. On dit que la dame à la longue chevelure et au visage pâle est vêtue de blanc et son cri serait annonciateur d’une mort prochaine pour celui qui l’entend.

- Les spectres : ils désignent les dames blanches qui apparaissent la plupart du temps dans les châteaux hantés ou les abbayes, dans lesquels elles sont les gardiennes d’un trésor légendaire. Parmi les châteaux hantés par la Dame Blanche, les plus connus sont le château de la Boursidière (Hauts-de-Seine), le château de Landreville (Ardennes), le château de Puilaurens (Aude) ou encore le château de Frœningen (Haut-Rhin).

- Les auto-stoppeuses : il s’agit de la version la plus récente de la légende de la Dame Blanche qui repose notamment sur des témoignages de voyageurs nocturnes sur certaines routes à virage. La plupart du temps, on fait référence à une auto-stoppeuse habillée en blanc avertissant d’un virage dangereux si on la prend et tueuse dans le cas contraire.

- Les dames vertes : une autre version connue de la Dame Blanche qui diffère uniquement par la couleur du vêtement. Selon la légende qui vient du Pays de Galles, les robes vertes serviraient juste à mieux se cacher dans les feuillages.

Yan' Dargent, Les lavandières de la nuit

En France

L’histoire de l’auto-stoppeuse de la forêt de Compiègne est certainement la plus populaire de toutes les légendes françaises. On raconte qu’à l’origine, un jeune couple, le soir de ses noces, décidant de quitter la fête plus tôt pour rejoindre l’hôtel où il devait passer la lune de miel, a trouvé la mort en manquant un virage. Le corps du mari a été retrouvé mais la femme a été portée disparue. Cette dernière hanterait les rues depuis, sous la forme d’une auto-stoppeuse vêtue en blanc et qui demanderait aux automobilistes de la faire monter dans leur voiture. En chemin, elle ne dit mot mais hurle très fort à l’entrée du virage dans lequel son mari a trouvé la mort. Puis elle disparait. On raconte aussi que la dame ne fait qu’apparaître au bord de la route mais que si on la fixe du regard, elle vous emporte pour remplacer peut-être son grand amour perdu.

Certains témoignages racontent aussi que la dame demande parfois qu’on la conduise à une adresse précise et emprunte sa veste au chauffeur. Plus tard, lorsque le chauffeur revient à l’adresse pour récupérer sa veste, on lui ouvre la porte pour lui annoncer que la femme qu’il recherche est déjà morte. En allant vérifier ces dires au cimetière, l’homme retrouve sa veste sur la pierre tombale.

D’autres témoignages affirment également qu’on aperçoit la Dame Blanche au niveau de l’abribus du C.H.U. de Caen, là où une jeune femme aurait trouvé la mort sur le trajet de la D17. Elle monterait à bord de votre voiture, ne disant mot et commençant à manifester sa peur à l’approche d’un virage avant de disparaître.

Selon la légende, la Dame Blanche pourrait hanter le château de Trécesson dans le Morbihan, dans les combles duquel une femme aurait été enterrée vivante.

Il y a aussi cette autre femme du château de Pouancé en Maine et Loire, trop jalouse, qui aurait été attablée avec des couverts en argent avant d’être attachée à la table et emmurée vivante. Une autre version raconte qu’il s’agit du fantôme de Marie Delorme qui avait ouvert les portes du château à un chevalier breton dont elle était tombée amoureuse. Considérée comme une traître, elle aurait été emmurée vivante, mais on dit aussi qu’elle aurait été pendue.

Apparition_DB

Ailleurs

En Allemagne, on raconte l’histoire d’une jeune fille qui a été brûlée vive pour sorcellerie et dont le fantôme hanterait aujourd’hui le château de Setin.

Au Canada, on parle du fantôme d’une jeune femme vêtue d’une robe blanche qui apparaît au niveau des chutes de Montmonrency. Il s’agirait de Mathilde, la femme de Louis envoyé au combat et retrouvé mort par son épouse près des chutes de Montmonrency. Trop peinée, la jeune femme aurait mis sa robe de mariée et se serait jetée du haut des chutes. Son fantôme apparaît souvent le soir.

La première histoire de la Dame Blanche aux Etats-Unis remonte aux années 30, à Chicago. Il s’agit de la légende de Resurrection Mary. L’histoire serait celle d’une jeune femme qui aurait été tuée par une voiture sur le bord de la route allant de la salle de bal Willowbrook au cimetière de Resurrection, alors qu’elle rentrait d’un bal. Enterrée dans sa robe de bal au cimetière de Resurrection, le fantôme de la jeune femme se manifeste souvent la nuit comme une auto-stoppeuse qui demande à descendre une fois arrivée à proximité du cimetière.

Resurrection Mary

En fait, la légende de la Dame Blanche est d’origine purement imaginaire même si elle peut avoir été stimulée par certains événements nocturnes. Selon George Sand par exemple, la légende des lavandières de nuit viendrait du coassement rythmé de certaines grenouilles qui reproduisent fidèlement le bruit des battoirs la nuit au bord des mares. Certains rapaces nocturnes émettraient également le même bruit et sont d’ailleurs surnommées dames blanches en raison de leur plumage blanc qui les fait apparaître comme un être humain à la lueur de la lune.

 

Source

Entrée en guerre


Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique, ce qui provoque l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne. Le 4 août, René Viviani, Président du Conseil des ministres, conclut la dernière séance ainsi :

 

Clipped from http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k129784k/f2.item

 

Le 28 Juillet : La Liberté Guidant le Peuple


Liberté guidant le peuple

 

L’insurrection populaire des 27, 28 et 29 juillet 1830 à Paris, ou Les Trois Glorieuses, suscitée par les républicains libéraux contre la violation de la Constitution par le gouvernement de la seconde Restauration, renverse Charles X, dernier roi bourbon de France, et met à sa place Louis-Philippe, duc d’Orléans. Témoin de l’évènement, Eugène Delacroix y trouve un sujet moderne qu’il traduit méthodiquement en peinture.

Tout, que ce soit dans la nature, dans une croisée d’ogive gothique, dans un félin, dans un voyage, dans une passion humaine, ou dans un événement qui change le cours de l’histoire et inverse les rapports de force artistiques, exalte l’imagination de Delacroix et le plonge dans une émotion profonde qui s’exprime aussitôt dans la peinture d’une manière personnelle et chaque fois renouvelée. L’ampleur qu’il donne à la colère de la rue qui vient d’exploser à Paris est encore en grande partie due à ce tempérament.
Son amitié avec les protagonistes du conflit comme Adolphe Thiers, qui hésitent encore entre maintien de la Monarchie constitutionnelle et rétablissement de la République, ne l’y aurait pas non plus laissé indifférent. Sa dépendance des commandes institutionnelles et des membres de la famille royale et son ambiguïté personnelle l’auraient confiné dans le rôle de simple promeneur, comme dit  Alexandre Dumas, mais l’artiste citoyen qu’il est contribue à protéger des combats de rue les collections du Louvre et le nostalgique de l’Empire napoléonien vibre à la vue du drapeau tricolore hissé par les insurgés au sommet de Notre-Dame de Paris.
Le moment venu d’accomplir à son tour son devoir envers la patrie, il écrit à Charles Verninac, son neveu : "Trois jours au milieu de la mitraille et les coups de fusil ; car on se battait partout. Le simple promeneur comme moi avait la chance d’attraper une balle ni plus ni moins que les héros improvisés qui marchaient à l’ennemi avec des morceaux de fer, emmanchés dans des manches à balai ".
En septembre, l’artiste entreprend de retracer de manière allégorique l’épopée parisienne. Exécutée d’octobre à décembre 1830, elle est exposée au Salon en mai 1831.
Il réussit à la mettre au point en trois mois, l’essentiel étant la force d’expression plastique et épique qu’il fait ressortir en choisissant de peindre la foule franchissant les barricades et son assaut final dans le camp adverse.
L’élan porté à son paroxysme par la victoire s’inscrit dans un plan pyramidal dont la base, jonchée de cadavres, est comme un piédestal sur lequel s’élève l’image des vainqueurs. Ce procédé de composition rigoureux, utilisé par Géricault dans Les Naufragés de la Méduse ou par lui-même dans La Grèce sur les ruines de Missolonghi, contient et équilibre la touche emportée du peintre et le rythme impétueux de la scène.

Incarnée par une fille du peuple coiffée du bonnet phrygien, les mèches flottant sur la nuque, vivante, fougueuse, révoltée et victorieuse, l’allégorie de la Liberté évoque la Révolution de 1789, les sans-culottes et la souveraineté du peuple. Le drapeau, bleu blanc rouge, symbole de lutte, mêlé à son bras droit, se déploie en ondulant vers l’arrière du plus sombre au plus lumineux, comme une flamme.
Serré par une double ceinture aux bouts flottant sur le côté, l’habit jaune qu’elle porte rappelle les drapés antiques. En glissant au-dessous des seins, il laisse voir la pilosité de son aisselle que les classiques ont trouvée plutôt vulgaire, la peau d’une déesse devant être lisse. Exceptionnelle parmi les hommes, déterminée et noble, le corps profilé et éclairé à droite, la tête tournée vers eux, elle les stimule vers la victoire finale. Son flanc droit, sombre, se détache sur un panache de fumée. Appuyée sur le pied gauche nu, dépassant de la robe, le feu de l’action la transfigure. L’allégorie participe à un réel combat. Le  fusil à baïonnette d’infanterie, modèle 1816, à la main gauche, la rend vraisemblable, actuelle et moderne.
Deux gamins de Paris, engagés spontanément dans la bataille  sont, l’un à gauche, agrippé aux  pavés, les yeux dilatés sous le bonnet de police des voltigeurs de la garde ; l’autre, le plus célèbre, à droite devant La Liberté, est le symbole de la jeunesse révoltée par l’injustice et du sacrifice pour les causes nobles. On lui associe Gavroche avec son béret de velours noir des étudiants, signe de leur révolte. Avançant de face, la giberne, trop grande, en bandoulière, les pistolets de cavalerie aux mains, le pied droit en avant, le bras levé, le cri de guerre à la bouche, il exhorte au combat les insurgés.
Le combattant portant un béret avec cocarde blanche des monarchistes et nœud de ruban rouge des libéraux, ainsi qu’une banderole porte-sabre et sabre des compagnies d’élite d’infanterie modèle 1816, est un ouvrier manufacturier reconnaissable à ses tablier et pantalons à pont. Le foulard qui retient son pistolet sur le ventre évoque le Mouchoir de Cholet, signe de ralliement de Charette et des vendéens.
L’homme à genoux au chapeau haut de forme de bourgeois ou de citadin à la mode, peut-être Delacroix ou un de ses amis, porte des pantalons larges et une ceinture de flanelle rouge d’artisan ; l’arme, un tromblon à deux canons parallèles, est un fusil de chasse. Celui qui saigne sur le pavé et se redresse à la vue de la Liberté, porte noué sur la tête un foulard jaune comme la robe de l’héroïne ; avec sa  blouse et sa ceinture de flanelle rouge de paysan, il rappelle les employés temporaires à Paris. Le gilet bleu, l’écharpe rouge et sa chemise répondent aux couleurs du drapeau.

Détail

Historique et politique, l’œuvre d’Eugène Delacroix témoigne, en combinant documents et symboles, actualité et fiction, réalité et allégorie, du dernier sursaut de l’ancien régime. L’émotion de Delacroix au cours des Trois Glorieuses est sincèrement ressentie et exprimée à la gloire du peuple citoyen "noble, beau, et grand" .
Symbole de la Liberté et de la révolution picturale, réaliste et innovatrice, elle fut rejetée par la critique, habituée à voir célébrer le réel par des concepts plus classiques. Le régime de Louis-Philippe dont elle saluait l’avènement l’ayant cachée au public, elle n’entre qu’en 1863 au musée du Luxembourg et en 1874 au Louvre. Image de l’enthousiasme romantique et révolutionnaire, continuant la peinture historique du XVIIIe siècle et devançant Guernica de Picasso, elle est devenue universelle.

 

Source