Une actrice oubliée et fille de son père

Rosita Christiane Yvette Luchaire, dite Corinne Luchaire – née à Paris le 11 février 1921, décédée à Paris le 22 janvier 1950.

 

Fin 1946, la comédienne Corinne Luchaire est condamnée à dix ans d’indignité nationale en raison du comportement de son père, jugé coupable de collaboration.

En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, Corinne Luchaire, alors âgée de 18 ans, décroche le rôle principal du film «Prison sans barreaux» de Léonide Moguy. Le film est un succès et Corinne devient une vedette prometteuse. Elle enchaîne six tournages en deux ans. Mais la guerre met un terme à sa carrière. En 1946, elle passe plusieurs mois en prison et est condamnée à dix ans d’indignité nationale pour son absence de discernement sur son époque et, surtout, pour son entourage durant les années d’Occupation. En effet, son père Jean Luchaire, patron de presse français, a été jugé coupable de collaboration et fusillé en février de la même année.

Corinne Luchaire

Fille du journaliste et homme politique français Jean Luchaire, Rosita Christiane Yvette Luchaire naît le 11 février 1921 dans le XVIe arrondissement de Paris. Issue d’une famille d’intellectuels, elle compte parmi ses ancêtres un arrière-grand-père historien, Achille Luchaire, un grand-père peintre, Armand Besnard, et un auteur de pièces de théâtre à succès, Julien Luchaire.

A quatorze ans, sous le nom de Rose Davel, la jeune fille débute au théâtre dans une œuvre de son grand-père Julien «Altitude 3200», mise en scène par Raymond Rouleau. Cette pièce relate la cohabitation difficile entre adolescents dans un chalet situé dans les Alpes. Une version cinématographique sera tournée en 1938 mais le film se fera sans la jeune actrice. Simultanément, elle fait une courte apparition dans le film de Marc Allégret «Les beaux jours» (1935) aux côtés de Jean-Pierre Aumont. En 1937, elle adopte définitivement le nom de Corinne Luchaire et après un rôle secondaire dans «Le chanteur de Minuit» de Léo Joannon, elle décroche le rôle principal dans «Prison sans barreau» de Léonide Moguy. Elle y incarne Nelly, une jeune détenue révoltée. Le film est un succès et Corinne accède au vedettariat. L’année suivante, elle tourne dans la version anglaise réalisée par Brian Desmond Hurst et Maxwell Wray.

A la fin des années trente, Corinne Luchaire retrouve Léonide Moguy pour «Conflit» (1938) avec Raymond Rouleau et pour «Le déserteur» (1939) avec Jean-Pierre Aumont. En 1939, elle est également dirigée par Pierre Chenal dans «Le dernier tournant» avec Michel Simon et par Raymond Bernard pour «Cavalcade d’amour» avec Claude Dauphin.

En 1940, Corinne Luchaire interprète Anna dans «L’intruse», une production italienne, réalisée par Mario Mattoli et également interprétée par Georges Rigaud et Osvaldo Valenti. Pendant la seconde guerre mondiale, son père devient le patron du Syndicat du Livre Parisien, un organisme pro-allemand, ce qui peut laisser espérer une belle carrière cinématographique pour la belle actrice. Hélas, il n’en est rien : elle ne fait parler d’elle que par les excès de sa vie tumultueuse. Amants, alcools et boîtes de nuit minent sa santé déjà fragile. Elle se marie brièvement avec Guy de Voisins-Lavernière, un obscur aristocrate. De cette union naît une fille : Brigitte. La jeune femme traverse l’occupation allemande dans l’insouciance et la frivolité. Cependant, après la fin de la seconde guerre mondiale, de nombreux collaborateurs, dont la famille Luchaire, s’enfuient à Sigmaringen, dans le Sud de l’Allemagne. Corinne et son père sont finalement arrêtés par les partisans, à Merano, dans le Nord de l’Italie. Jean Luchaire, jugé coupable de collaboration avec l’ennemi, est fusillé en février 1946. Corinne est également condamnée. Elle passe alors plusieurs mois en prison, à Nice, et se voit infliger dix années d’indignité nationale.

En 1949, Corinne Luchaire publie «Ma drôle de vie», un livre autobiographique au titre évocateur. Elle décède le 22 janvier 1950, à la Clinique Médicale Edouard Rist du XVIe arrondissement de Paris, emportée par la tuberculose. Son corps repose au cimetière parisien de Bagneux dans les Hauts-de-Seine.

Source : http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com

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5 réflexions sur “Une actrice oubliée et fille de son père

  1. Quel dommage d’être actrice en période de guerre. Sans cela, elle aurait pu devenir une star de cinéma comme il en existe tant d’autres qui n’ont pas connu les déboires de ces batailles entre pays. Que la semaine prochaine te soit bénéfique sur tous les plans. Bisous. Guy.

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