Le gypaète barbu

GypaeteBarbu

 

Il existe 2 sous-espèces chez le gypaète barbu :
–    la sous-espèce barbatus en Afrique du Nord, Europe et Asie,
–    La sous-espèce méridionalis en Afrique Orientale et Méridionale.
Les 2 sous-espèces se différencient par une taille et un poids plus important en faveur de barbatus, ainsi que par des tarses complètement emplumés et la présence de plumes noires sur le conduit auditif.

Dernier maillon de la chaîne alimentaire, le gypaète est un charognard exclusif, c’est-à-dire qu’il se nourrit d’animaux morts, principalement les carcasses d’ongulés sauvages (bouquetins…) et domestiques (moutons…). Ces animaux sont morts soit de cause naturelle  (vieillesse…) ou accidentelle (avalanche…). La présence du gypaète barbu dépend donc fortement de la présence et de la variation des carcasses.
Il joue ainsi le rôle de nettoyeur de la nature : il prévient ainsi le développement de maladies, casse le cycle de certains parasites et contribue à limiter la pollution des ressources en eau. Mais, à ce titre, il est également plus sensible aux contaminants et polluants qui s’accumulent tout le long de la chaine alimentaire.
Plus particulièrement, il se nourrit essentiellement d’os, complétés par un peu de viande et de tendons. Cette nourriture lui apporte toute l’énergie nécessaire.  Le gypaète est parfaitement adapté à la consommation de ce type de nourriture, à la fois par son comportement, par son gosier élastique et par son système digestif. Lorsqu’un os s’avère trop gros pour être englouti tel quel, il le saisit entre ses serres ou dans son bec, s’envole et le lâche au-dessus d’un pierrier, dit pierrier de cassage. De là vient son surnom de casseur d’os.
Le gypaète est capable d’avaler des os de la taille d’une patte de chamois  (environ 25 cm). Grâce à des mandibules très élastiques, le gypaète avale son os à force de contentions de la tête et du cou. Ensuite, c’est l’action acide de l’estomac qui fait le reste.
Un gypaète a un besoin journalier de 300 à 400 g en fonction de la saison mais il peut supporter de jeûner, comme tous les rapaces, pendant plusieurs jours.

Le gypaète s’envole en plein été de son site de naissance à l’âge de 4 mois environ. Il reste aux côtés de ses parents pour peaufiner les techniques de vol, de recherche de nourriture et de cassage d’os. Au début de l’automne, le jeune gypaète est alors chassé du territoire par ses parents qui vont entamer une nouvelle saison de reproduction.
Jusqu’à l’âge de 4 à 5 ans, le gypaète va parcourir toute la chaîne alpine au gré des vents et des carcasses disponibles, principalement de bouquetins. Par le contact avec d’autres jeunes oiseaux, il développe une stratégie opportuniste et collective pour la recherche de nourriture.
Il va ensuite se sédentariser et s’installer sur un territoire libre et riche en falaises calcaires, à la recherche d’un compagnon de vie pour se reproduire. Les zones calcaires offrent au gypaète les cavités en falaises, bien protégées contre les intempéries pour la reproduction, mais aussi des pierriers de cassage d’os.
Il vit en couple et consacre 10 mois de l’année à la reproduction.
Le gypaète parcourt tout son territoire à la recherche de carcasses ou pour défendre son territoire en surfant sur les vagues d’air chaud créées par les courants thermiques ou les ascendants le long des parois rocheuses ou de crêtes en crêtes. Il est capable de voler sur de grandes distances sans un battement d’ailes, économisant ainsi son énergie.

Les constantes de l’habitat du gypaète barbu sont un relief abrupt présentant des milieux ouverts, avec la présence d’ongulés sauvages ou domestiques, des zones de falaises pouvant accueillir les nids, des zones de pierriers pour le cassage d’os, mais aussi la présence de sources de boues ferrugineuses pour teinter son plumage.
L’altitude importe peu. Il peut être observé dans les zones à proximité du niveau de la mer jusqu’aux contreforts de l’Everest.

pierrier

 

La période de reproduction se situe en plein hiver. Ce n’est évidemment pas par hasard : le moment de la naissance du poussin à la sortie de l’hiver va coïncider avec une disponibilité alimentaire accrue, le recul de l’hiver rendant disponibles toutes les victimes qu’il aura faites.
Le gypaète est sédentaire et vit en couple qu’il forme à partir de l’âge de 6 ou 7 ans. Il ne se reproduit pas avant l’âge de 7 ans et consacre 10 mois de l’année à la reproduction. Le gypaète se reproduit peu : il donne en moyenne un jeune à l’envol tous les 3 ans.
Les parades nuptiales démarrent à l’automne ; elles se manifestent par des jeux aériens, vols synchrones, mais aussi des offrandes et des courbettes. C’est à cette époque également que  le nid est construit dans une cavité ou grotte à l’abri des intempéries, toujours en falaise, ou que les anciens nids sont rechargés. Le nid, ou aire, est constitué d’un matelas de laine déposé sur une assise de branchage. Il est la plus part du temps orienté sud-sud-est et est dans une cavité. Un couple de gypaètes peut avoir de 1 à 10 aires et leur occupation d’une année sur l’autre ne répond à aucune règle.
Les gypaètes s’accouplent en novembre/décembre, environ 2 mois avant la ponte, à proximité de leur aire de nidification et le plus souvent au début du jour ou en fin d’après midi sur un promontoire rocheux.
La femelle pond un ou deux œufs à quelques jours d’intervalle en janvier ou février, après presque 2 mois d’incubation. Les adultes couvent à tour de rôle dans des conditions souvent extrêmes et se relaient pour s’alimenter.
Le poussin, tout duveteux, nait en mars ou avril et ne pèse à la naissance que 150 grammes. Les parents, dans les premières semaines de sa vie, continuent à le couver pour l’isoler du froid et le nourrissent avec beaucoup de précautions de petits morceaux carnés. Il double son poids en quelques jours et grandit très vite. Ses premières plumes poussent dès l’âge d’un mois. En 4 mois, il atteint l’âge et le poids adulte : presque 3 mètres d’envergure et 5 à 7 kg.
Dans tous les cas, un seul poussin ne sera élevé : le deuxième œuf constitue une sorte de chance supplémentaire à la reproduction, au cas où le premier échoue.

En plein été, c’est le grand saut. Le jeune gypaète s’envole pour la première fois et reste à proximité du site de reproduction pendant 2 semaines. Il est encore dépendant des parents qui vont continuer à le nourrir. Il va acquérir les techniques de vol et de cassage d’os. Il est chassé à l’automne par les parents qui vont démarrer une nouvelle saison de reproduction. Pendant quelques années, il erre à travers les Alpes avant de s’installer à son tour sur un territoire.

 

Source

 

Gypaete Barbu

6 réflexions sur “Le gypaète barbu

  1. Bonjour Vaérie,
    Ton article est très intéressant
    Le gypaète barbu j’ai eu plusieurs fois l’occasion de le voir alors que je me trouvait sur un sommet vers 2000 mètres , c’est majestueux et c’est très impressionnant de voir son envergure en plein vol.
    Je te souhaite une bonne soirée
    Bisous

  2. De ce rare rapace, je n’en connaissais même pas le nom, peut-être est-ce dû à son origine africaine ? Merci de nous le faire connaître avec tant de précisions dans la description et dans son genre de vie. La femelle est-elle aussi barbu(e) ? lol.
    Bonnes soirée et bon dimanche. Bisous. Guy.

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