La Closerie des Lilas

A la fin du XIXe siècle, la Closerie des Lilas n’est encore qu’un simple relais de poste. A vrai dire, c’est surtout le bal Bullier, situé à quelques pas, que l’on vient fréquenter. On y trouve Zola, Cézanne, Gauthier ou encore les frères Goncourt.

Mais au début du siècle suivant, Paul Fort décide de profiter de la terrasse de la Closerie pour y jouer aux échecs avec Lénine et organise chaque mardi des rendez-vous littéraires avec ses amis. L’endroit devient LE café de Montparnasse à fréquenter. On peut désormais y rencontrer Apollinaire et son ami Alfred Jarry. Pour l’anecdote, l’histoire raconte que Jarry s’assit un jour à côté d’une femme qui l’ignora. Vexé par l’attitude de cette dame, Jarry dégaina son revolver et tira dans le miroir en déclamant : « Mademoiselle, maintenant que la glace est rompue, causons ! ».

Devenu l’endroit à la mode, la Closerie accueillera également les peintres du Bateau-Lavoir et l’on raconte que la fin du mouvement dada y a été décidée après une dispute entre Breton et Tzara. 

Mais la Closerie est aussi le point de rendez-vous d’auteurs américain comme Fitzgerald et Miller, et fait également partie des cafés de prédilection d’Ernest Hemingway.

 Closerie

Fin XIXe, relais de poste sur la route de Fontainebleau, la Closerie des Lilas est le premier de tous les cafés qui firent la réputation du quartier de Montparnasse. Sa gloire et son nom lui viennent de sa promiscuité avec le bal Bullier qui était alors le plus célèbre bal de Paris, dressé au milieu d’un jardin de lilas. Le tout-Paris se presse pour danser le quadrille dans ce décor digne des Mille et une Nuits. La bourgeoisie s’encanaille auprès d’artistes désargentés, de danseuses affriolantes et d’anonymes émerveillés. La Closerie devient le lieu de ralliement d’avant ou d’après bal ; Emile Zola y entraîne son ami Paul Cézanne, Théophile Gautier et les frères Goncourt sont des fidèles. Le ton est donné.

Au début du XXe siècle, Paul Fort pousse la porte de la Closerie des Lilas et s’y installe. On le voit en terrasse jouer aux échecs avec Lénine. Paul Fort est un prince, le prince des poètes. Il succède ainsi à un autre habitué du lieu : Paul Verlaine. Chaque mardi, dans la grande salle du rez-de-chaussée, il réunit ses amis, hommes de lettres. Ensemble, ils confrontent leurs opinions, échangent des poèmes, déclament des vers à l’assemblée. Apollinaire les rejoint et leur présente Alfred Jarry, créateur de la pataphysique. Ces réunions dépassent très vite le simple cadre de Montparnasse : les peintres du Bateau-Lavoir se mêlent admirablement aux jeux des mots des poètes de la Closerie.
Les mardis de la Closerie deviennent le rendez-vous international de la pensée.
Entretemps Paul Fort, Moréas et Salmon créent la revue littéraire Vers et Prose, un monument des lettres françaises. Vers et Prose reçoit d’illustres signatures : Maeterlinck, Stuart Merrill, Barrès, Gide, Maurras, Jules Renard, Apollinaire.
En 1922, à la Closerie des Lilas, une dispute entre Tristan Tzara et André Breton marque la fin du mouvement dada à Paris.
Si la Closerie est la scène où se joue le destin du dadaïsme, elle devient bientôt celle où éclate, de manière spectaculaire, le scandale du surréalisme.
En Amérique, il y a la prohibition. En Europe, on peut boire en paix et la vie n’y est pas si chère ; la Closerie devient un des hauts lieux de la colonie américaine. Hemingway , Fitzgerald, Miller… prennent leurs quartiers à la Closerie des Lilas. Hemingway dira : « Il n’était pas de bon café plus proche de chez nous que la Closerie des Lilas, et c’était l’un des meilleurs cafés de Paris. Il y faisait chaud l’hiver ; au printemps et en automne, la terrasse était très agréable ».

Venus du monde entier, chantres du classicisme, fervents du surréalisme, princes du cubisme, ont donné à la Closerie ses lettres de noblesse. La Closerie des Lilas devient le théâtre des pensées les plus vives de son époque.

Au long d’un siècle et demi, tous les plus grands poètes, tous les plus beaux esprits, tous les talents des arts, y reconstruisent le monde à la mesure de leur démesure. Modigliani, Paul Fort, André Breton, Aragon,Van Dongen, Picasso, Jean-Paul Sartre, André Gide, Paul Eluard, Oscar Wilde, Beckett, Man Ray, Ezra Pound et tant d’autres.

 

Source

 

Closerie

8 réflexions sur “La Closerie des Lilas

  1. Un endroit typique j’aime beaucoup ce quartier
    Il y avait de belles rencontres
    Ton article est très intéressant sur cet endroit.
    Bonne journée pour moi je vais me reposer car j’ai un rhume
    Bisous

  2. Montparnasse, nous avons vécu là jusqu’à mes 5 ans. J’y suis retournée souvent pendant longtemps. Tu aimes Paris ça s’entend quand tu écris.🙂. Je t’embrasse ma Valounette.

    • Tu sais, Paris, c’est l’histoire de ma famille, côté paternel et côté maternel, depuis la fin du XIXe siècle. Mes grands-parents sont tous nés à Paris avant 1910 et toute mon histoire vient de là. La dure vie, la crise de 1929, les guerres, le travail de policier de mon grand-père paternel, celui de comptable puis de marchand de vin à Bercy de mon autre grand-père, les souvenirs de mes parents enfants, etc. Je me sens totalement incapable de vivre sans Paris qui est, de plus, une ville magnifique dont je ne connaîtrais jamais tout. J’aurais aimé que mes grands-parents me livrent une mémoire de tout ce que je n’ai pas connu mais ils ne l’ont pas jugé utile, on ne parlait pas beaucoup.

      • Oui, on ne parlait pas beaucoup, non plus. Et un jour on se retrouve devant sa mère qui ne parle pas plus qu’hier et qui a un Azeimer. Il ne reste rien là que des bribes de mémoires, de ce qu’elle a bien voulu raconter. Et on en sort on a mal partout. Arf…Mon père avant de travailler dans les brasseries parisiennes était policier, les hirondelles, je crois on appelait ces policiers à l’époque. Il parlait l’argo Parisien pour jouer, mais le connaissait très bien. Il était né à Paris. Et y a vécu toute son enfance et son adolescence. Il ne parlait pas beaucoup non plus. Parler c’était quasiement Interdit sauf pour l’essentiel. Passe moi le sel. rires..Arf…

      • Mais dis donc, il y a des similitudes entre nous nos deux familles. Ceux qu’on appelait populairement les hirondelles étaient les policiers à vélo qui circulaient sur des Hirondelle, marque fabriquée par Manufrance. Tiens, voilà qui me fait me souvenir que quand j’ai appris la fermeture de Manufrance, j’étais aux Halles avec ma mère. On ne parlait que de ça. Il devait y avoir un magasin Manufrance dans le quartier.

  3. Ils avaient l’air de bien s’amuser à cette époque tous ces gens connus dont on se souvient encore maintenant. Pourquoi n’y a-t-il plus de rencontres similaires à notre époque?
    Merci de nous raconter les plaisirs d’autrefois.
    Bon week-end et bonne future semaine.
    Bisous. Guy.

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