La fusillade de Fourmies

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Le 1er mai 1891, pour la deuxième fois, les organisations ouvrières du monde entier se préparent à agir par différents moyens, dont la grève, pour l’obtention de la journée de 8 heures, conformément aux directives de l’Internationale ouvrière. En France, le contexte est plus répressif qu’il ne l’était l’année précédente. A Fourmies, petite ville textile du Nord proche de la frontière belge tout juste sortie d’une longue grève, le patronat a menacé de licenciement les ouvriers qui arrêteraient le travail et obtenu du préfet qu’il mobilise un important dispositif de maintien de l’ordre. En l’absence de forces spécialisées, c’est alors, en France, à l’armée qu’incombe cette mission. Deux compagnies d’infanterie ont été mobilisées. En fin de journée, les soldats tirent sur quelques centaines de manifestants qui tentent d’obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie. Les affrontements se soldent par 9 morts, dont 4 jeunes femmes et un enfant. Ces morts, promus martyrs, vont devenir un symbole de la République répressive et de classe.

 

La fusillade de Fourmies a inspiré une abondante iconographie qui théâtralise l’événement, parfois le réécrit et participe de la construction du symbole. Comparées aux gravures, les photographies paraissent un peu ternes ; quand même certaines d’entre elles, les cartes postales, font fonction d’objets-mémoires. Des contingences techniques en répondent. Fourmies est une petite commune de quelque 15 000 habitants, excentrée et que rien ne prédisposait particulièrement à retenir l’attention nationale et internationale en ce 1er mai 1891. A l’occasion des obsèques des victimes, 17 journaux de province, 20 parisiens, 2 de Belgique ont envoyé des reporters. Avant la fusillade cependant, aucun journaliste ou photographe n’avait été envoyé pour rendre compte de la manifestation. Moins encore pour le photographier (ce qui aurait été le cas pour une visite officielle, par exemple). En outre, les techniques photographiques ne permettent pas encore de saisir le mouvement (dans certaines grèves violentes ultérieures, on reconstruira des barricades pour réaliser des cartes postales, ainsi à Limoges en 1905). Une seule des photographies conservées montre le secrétaire local du parti ouvrier haranguant la foule. La manifestation de Fourmies ne peut donc être cernée qu’à travers son cadre ou ses conséquences tragiques.

 

 

 

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Les photographies et cartes postales conservées à l’Ecomusée de la région de Fourmies-Trélon permettent de planter le décor de ces événements tragiques : la grand-place bordée de ses constructions en briques sombres avec, presque mitoyennes, la mairie et l’église, au flanc de laquelle eut lieu la fusillade. Sur la place, des soldats stationnent. Rien ne permet d’affirmer avec certitude qu’il s’agit d’un cliché antérieur à la fusillade. La situation est suffisamment exceptionnelle pour attirer des badauds, en contrebas de la balustrade, mais pas assez inquiétante pour empêcher l’un d’entre eux de se hisser jusqu’aux soldats.

 

 

Source

 

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2 réflexions sur “La fusillade de Fourmies

  1. J’avais survolé le titre de ton article et je m’étais dit que tu avais fait une faute à fourmis pensant que tu faisais dans la science fiction. C’est lors de la lecture que j’ai compris qu’il s’agissait d’un village et que Fourmies était donc correctement orthographié puisque de toute façon, tu ne fais pas
    de fautes.
    Merci pour cette information que tu nous as fait partager.
    Bon premier mai et bon long week-end.
    Bisous. Guy.

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